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Covid-19 : Les conséquences environnementales du confinement

Brunilda Olloni

La crise du coronavirus s’est traduite par le confinement progressif d’une partie de la population mondiale. Une expérience inédite pour les populations, les chercheurs et associations environnementales. Assez rapidement, on a pu observer les effets de ce confinement sur l’environnement. L’impression d'un air moins pollué en ville, moins de bruit avec un trafic routier très ralenti, les animaux apparaissant dans des endroits où l'on ne les attendaient pas... Mais les probables effets bénéfiques de ce confinement peuvent-ils être un élément déclencheur pour un changement d’habitudes durable ? Les effets positifs sur l’environnement. L’un des premiers effets du confinement a été l’amélioration de la qualité de l’air, aussi bien en zone urbaine que rurale. L’activité économique mondiale étant ralentie, les flux routiers et aériens ont fortement baissé, influençant ainsi les émissions de CO2 mondiales. En France, les indices la qualité de l'air n'ont jamais été aussi bons et les conséquences ont été immédiates sur notre bilan carbone. Cependant, la qualité de l’air dépend de plusieurs facteurs, notamment météorologiques et des études plus approfondies sont nécessaires pour confirmer cela. Le confinement engendré par cette crise sanitaire a aussi entraîné une réduction du bruit et davantage d'espace disponible et c'est la faune qui pourrait profiter de cette accalmie. Il a permis a de nombreuses espèces d'évoluer plus librement dans leur environnement, en effet des dauphins ont été aperçus dans le port de Sardaigne, les canards col vert se baladent devant la Comédie Française à Paris, et quelques renards et fouines investissent les parcs d'Île-de-France. Cela a également poussé une grande partie de la population à repenser ses habitudes de consommation. En ayant plus de temps pour soi, cela a permis de se remettre à la cuisine avec des produits bruts, donc moins d'emballages et moins de transports. Aussi, on a pu observer une accélération des tendances de consommation vers le bio et le local/responsable. En effet, consommer moins, acheter mieux et privilégier les produits locaux, le consommateur devient un « consomm’acteur ».

Les revers du confinement sur l’environnement. Le confinement a également entraîné certains aspects négatifs. Le premier et le plus évident est la hausse considérable de notre consommation d'écrans. En France, le trafic a augmenté de plus de 50% dès les premiers jours du confinement. Internet étant gourmand en énergie et serveurs, cette hausse a provoqué une augmentation des émissions de CO2 du secteur numérique. Le seul visionnage de vidéos en ligne représente en temps normal 1 % de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Une autre conséquence de cette crise demeure dans l’accroissement des mauvaises pratiques autour de la fin de vie des masques jetables. En effet, on observe de plus en plus de masques jetés sur les trottoirs, sur les plages, etc.

Or, on estime que ces masques mettront près de 400 ans pour se décomposer entièrement. Un autre point plus problématique est l’occultation des sujets environnementaux dans le traitement de l’actualité. Celle-ci a en effet été entièrement dédiée à la pandémie. Les sujets de court terme ont ainsi pris le pas sur les sujets de plus long terme tel que le réchauffement climatique. Si cela paraît logique surtout dans le cas d’une pandémie, cela menace les sujets écologiques qui, malgré l’appellation « d’urgence climatique », sont relégués au second plan. Des avancées certes timides ont émergé durant ce confinement : promotion de l’agriculture locale, de la production Made in France, des commerces régionaux, etc.

Cette crise pourrait créer un déclic et participer à un renouvellement de nos habitude en France, plaçant alors la transition écologique au premier plan