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L'économie circulaire, un modèle plus vertueux pour l'homme et la planète ?

Brunilda Olloni

Aujourd'hui, notre mode consommation est principalement linéaire, on extrait, on fabrique, on consomme puis on jette mais les ressources ne sont pas inépuisables. Il est nécessaire et possible de changer de modèle en utilisant le moins de ressources possibles, en réutilisant ce qui peut l'être, en ne produisant plus pour jeter rapidement. On passe ainsi à une économie circulaire. Cette transformation s’accompagne de nombreux avantages sociaux, avec la création d'emplois et le développement d’initiatives locales qui renforcent les liens entre les acteurs.

Quelles actions peut-on engager à titres individuel et collectif pour progressivement parvenir à ce modèle ?

Consommer moins, consommer mieux.

Le consommateur est au cœur de l’économie circulaire et peut par son comportement faire évoluer positivement les choses. Nous consommons toujours plus et ce modèle est de moins en moins viable pour l'avenir de notre planète. La publicité, les offres promotionnelles, la mode, les évolutions technologiques et du multimédia, etc..., nous poussent sans cessent à renouveler nos biens. Quels qui soient, tous les biens de consommation ont des impacts, ils participent à l'épuisement des matières premières et des ressources. Se poser les bonnes questions (en ai-je vraiment besoin ? Eviter le suréquipement et le surdimensionnement, penser à louer ou emprunter certains produits plutôt que des les acheter) en tant que consommateur afin d'éviter l'accumulation d'objets et de nombreux gaspillages est fondamental pour ne pas mettre ne péril les générations suivantes.

Garder ses objets le plus longtemps possible limite les impacts environnementaux. Cela permet de préserver les ressources et de limiter le nombre de déchets dans nos poubelles mais c’est aussi une solution efficace pour réduire les impacts dus à la fabrication. L’allongement de la durée de vie des objets du quotidien passe par une meilleure information sur le cycle de vie des produits et davantage de protection du consommateur, notamment pour lutter contre l’obsolescence programmée. Il convient aussi de recréer chez le consommateur le réflexe de la réparation plutôt que de jeter un bien et d’en racheter un nouveau, tout en renforçant la place de l’économie sociale et solidaire au sein de notre économie.

L'économie circulaire réconcilie environnement et compétitivité des entreprises. Le principal objectif est d’optimiser la durée de vie des biens de consommation et de faire en sorte que

rien ne se perde, le passage à l’économie circulaire permet ainsi d’améliorer la compétitivité d’une entreprise, grâce à la réduction de ses coûts liés à la consommation de ressources et au traitement des déchets. L'écoconception et reconditionnement permet ainsi de redonner de la valeur aux matières qui n’en avaient plus.

Au-delà de ces avantages économiques, la mise en place de modèles économiques innovants permet aux entreprises de fidéliser leur clientèle actuelle et d’acquérir de nouveaux marchés, en valorisant le capital immatériel de l’entreprise. L’économie circulaire contribue à améliorer la réputation de l’entreprise, mais aussi à renforcer son ancrage territorial. Cette stratégie de transition vers l’économie circulaire semble être aujourd’hui une réponse pour coupler les objectifs économiques traditionnels de l’entreprise à la production d’impacts socio-environnementaux positifs.

L’éco-conception, la clé pour une utilisation efficace des ressources. Raisonner en cycle de vie signifie tenir compte des aspects environnementaux associés à un produit durant l’intégralité de son cycle de vie : acquisition des matières premières, conception, développement, fabrication, livraison, installation, utilisation, traitement en fin de vie, élimination. Cela signifie donc mesurer et améliorer la performance environnementale à tous les stades de la vie du produit. Ceci passe, entre autres, par la réduction des consommations (matière, énergie, eau), la récupération des déchets et coproduits en cours de process, l’amélioration de la recyclabilité et/ou l’optimisation des transports, l’éco- conception a des impacts économiques non négligeables. Elle permet de réduire les coûts de production de manière significative. Elle peut contribuer aussi à augmenter le CA de l’entreprise.

L’économie circulaire permet une meilleure gestion des déchets ? Pour faciliter le passage à une économie circulaire, la Commission Européenne multiplie les textes et notamment les

réglementations en faveur de l’amélioration de la gestion des déchets. Les textes prévoient notamment la promotion de la transformation les déchets en ressources, la révision du statut du déchet sur les matières recyclées et inclut des propositions pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Plus de la moitié des déchets plastiques devront ainsi être recyclés d’ici

2030.

La politique européenne tend vers un système dans lequel la valeur des produits, des matériaux et des ressources est maintenue dans l’économie aussi longtemps que possible. En ce sens, la mise en place d’une stratégie de développement durable est aujourd’hui devenue un enjeu primordial pour la bonne gestion d’une entreprise.

Comment ces mesures sont-elles mises en œuvre concrètement ? Le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire a présenté en avril 2018 la Feuille de Route pour l’Économie Circulaire (FREC). Cette feuille de route déploie les grands axes à suivre pour passer d’une économie linéaire à une économie circulaire qui intégrera l’ensemble du cycle de vie des produits, de leur écoconception à la gestion des déchets, en passant par leur consommation en limitant les gaspillages. La FREC constitue la traduction en actions concrètes de la loi française relative à la transition énergétique pour la croissance verte, du 11 aout 2015. Elle regroupe 50 mesures, élaborées en concertation avec l’ensemble des parties prenantes, autour de 4 grands enjeux : mieux produire ; mieux consommer ; mobiliser les acteurs ; mieux gérer nos déchets.

Ainsi, les entreprises de tous les secteurs sont appelées à mieux gérer leurs déchets et utiliser moins de ressources. L’extension du dispositif pollueur-payeur à de nouveaux produits, constitue l’une des mesure phare de la FREC. Il vise à intégrer l’écoconception, l’incorporation de matières recyclées, le réemploi et la réparation dans les pratiques des entreprises. Pour inciter encore à l’écoconception, la FREC prévoit également de déployer l’affichage environnemental volontaire des produits et des services dans les cinq secteurs pilotes (ameublement, textiles, hôtels, produits électroniques et produits alimentaires) et l’étendre à d’autres secteurs.

L’économie circulaire présente un fort potentiel de création d’emplois, en particulier dans les secteurs de l’allongement de la durée de vie des produits et de la gestion des déchets. Ces secteurs, fort demandeurs de main d’œuvre, sont en effet pour le moment sous-exploités. Cependant, il serait réducteur de ne considérer que la création de postes lorsqu’on cherche à comprendre quel impact le changement vers l’économie circulaire aura sur l’emploi. La transition vers une économie circulaire nécessite en effet une restructuration du système productif et économique. Il est important de prendre en compte les emplois détruits dans ce processus et d’orienter les politiques publiques afin de soutenir les secteurs dont l’activité se trouvera réduite ou contrainte d’évoluer dans la transition.

Celle-ci ne pourra se faire sans une évolution et une adaptation des métiers et des filières, par la formation et le développement de nouvelles compétences. L’évolution vers l’économie circulaire exige des innovations jusque dans les compétences maîtrisées par les entreprises : Il faut former la main d’œuvre à la restructuration du modèle productif. Alléger la pression fiscale sur les entreprises, notamment en transférant la fiscalité qui pèse sur le travail vers la consommation de ressources, permettrait de libérer le potentiel d’emplois de l’économie circulaire. Le changement de logique économique ne pourra se faire sans porter une attention particulière à l’emploi, un enjeu au cœur de la transition.